toujours avec Filamots, voici la suite du texte 'la vieille' nous en sommes au 4ème épisode ;o))))

filamots ecriture 4

 

"Il pleuvait.

la fillette, acoudée à la fenêtre de la cabane, les bras croisés sur le rebord avançait par moment la tête en tendant le cou.

De temps à autre, une goutte d'eau s'écrasait sur le sommet de son crane et coulait en rigoles le long de son front puis, comme un petit delta descendait la pente de chaque coté de son nez .

La fillette s'en amusait beaucoup et cherchait à savoir d'où venaient toutes ces gouttes d'eau qui tombaient sur la terre.

Au moment où elle relevait la tête pour percer ce mystère, une nouvelle goutte arrivait et la fillette était obligée de vite baisser la tête sans avoir pu rien apprendre de plus.

La petite fille était une Gork. Elle habitait avec son peuple dans un village qui se situait un peu en contrebas de la forêt et dont l'emplacement était visible de très loin car une tour très haute en indiquait l'entrée.

Le peuple Gork était un peuple vif, farouche et guerrier qui connaissait les subtilités du combat. Les enfants Gork étaient entrainés dès leur plus jeune âge à manier des armes puissantes et variées. Epées, arcs, lances, haches n'avaient très tôt plus de secrets pour eux. Ils constituaient de petits groupes d'entrainement, tiraient à la courte-paille pour former des paires, et bientôt on entendait le choc des armes résonner dans la vallée.

Leur éducation s'appuyait sur des sources variées, on n'hésitait pas à mélanger les influences afin de préserver leur ouverture d'esprit et leur aptitude à réagir vivement en cas de danger. La mythologie faisait partie des enseignements de base et était l'outil de référence à tous les âges de la vie.

La fillette avait parcouru le long chemin à travers la forêt, comme elle le faisait si souvent en secret pour venir rendre visite à la vieille. Elle connaissait ce chemin par coeur.

Tout d'abord il fallait monter un sentier étroit et rocailleux en prenant bien garde de ne pas faire rouler les pierres qui tenaient le chemin et sous lesquelles de minuscules fourmis invisibles à l'oeil nu menaient une vie trépidante à s'en rendre malade.

Arrivée au grand chêne, majestueux dans sa parure de printemps, elle prenait le chemin de droite qui reliait les deux clairières. Elle savait qu'elle arrivait bientôt car le chêne la saluait toujours d'un murmure entre ses branches. Le liseron blanc avec son élégant port de clochette se tenait prêt à la voir passer et  lui offrait une de ses fleurs qu'elle glissait dans ses boucles chatains.

A quelques foulées d'herbe de la cabane de la vieille, elle croisait souvent la poule Cocotte qui faisait son tour matinal en cherchant des vers dans le gazon naissant.

Alors, la fillette s'arrêtait là, les pieds bien campés dans l'herbe et souriait de toutes ses dents, les yeux grands ouverts, la bouche tirée d'une commissure à l'autre par ce sourire béat qui vous prend parfois sans que l'on sache vraiment pourquoi. Elle respirait un grand coup l'air de la clairière, emplissant ses poumons de bonheur, cherchait des yeux son ami l'oiseau qui là-haut sur sa branche la saluait d'un sifflet joyeux puis fonçait d'un seul coup chez la vieille.

La vieille l'attendait. Elle qui n'avait pas pu enfanter transmettait à la fillette des bribes de son savoir, aussi bien en matière de combat qu'en ce qui concernait la connaissance des plantes.

Ce jour-là la pluie qui s'était mise à tomber et qui ne cessa plus, les priva de l'entrainement physique mais leur procura une occasion de 'prendre le temps de rêver' qui, comme le disait la vieille, est le prélude nécessaire à toute action bien construite...

et ce fut ce même jour que la fillette apprit ... d'où viennent les gouttes d'eau qui tombent sur la terre... 

isaquarel

 

si vous voulez connaitre la suite...revenez la semaine prochaine...